24.1.08

sur Nietzsche #1

quand j'étais au cégep, les cours de philo ont été une révélations pour moi, non pas par les professeurs directement (j'avoue qu'ils y sont pour quelques choses quand même), mais pour le choix des philosophes qui m'ont été enseignés. ces derniers temps, je me suis tapé, bien assis pénard au bureau lors de mes temps libre, le wikipedia de Nietzsche. mon premier contact avec Nietzsche (bien qu'il était inconscient) était directement en lien avec une track d'un de mes groupes préférés j'ai nommé Nine Inch Nail. la track c'est Heresy et son chorus clamant haut et fort "God is dead". ouais, tout est là. c'est seulement lorsqu'on m'a introduit le premier principe de Nietzsche que j'ai allumé. car, un des premiers principe philosophique sur lequel se base la pensée nietzschéenne est justement dit dans ces trois mots : dieu est mort. voilà, maintenant nous pouvons avancer. je peux avancer.

pour en revenir sur le philosophe lui-même, ce qui m'avait blasté dans le temps et surtout à un moment précis de ma vie, c'est les liens étroits qui existent ou du moins qui ont réussit à me faire miroiter entre Nietzsche, le nazisme, l'antisémitisme et Hitler plus directement. je me suis dit, par où commencer pour savoir et percer ce que vraiment Nietzsche a dit ou écrit à propos de sa vision de la race. bref, je voulais m'éclaircir l'esprit car ce "préjugé" existe toujours pour me l'avoir déjà fait répliqué au visage par un bachelier en philosophie. (en plus)

«Moi, j'aime beaucoup la philosophie de Nietzsche, un de mes préférés avec Epicure.»
«Pas ce nazi...»

bref, quelque chose du genre. j'étais comme affecté parce que je m'imaginais vraiment mais vraiment pas que quelqu'un avec un bac en philo ait des préjugés aussi direct. je m'étendrai pas la-dessus, mais ça m'a resté dans l'esprit du point de point, fuck esti me semble que ça pas de rapport direct.

quelques mois plus tard, je lisais l'entrée de wikipédia. résultat non il n'était pas antisémite. il était loin d'être raciste le pire. il était par contre un peu misogyne sur les bords-probablement son côté avec lequel je suis le plus en désaccord. certes, oui, ils parlaient beaucoup des juifs directement. oui il mettait le "phare" sur eux. mais c'est au niveau de l'application que ça se passe la distinction. (et elle est grande!) Hitler pointait les juifs comme une menace direct. Nietzsche, quant à lui, les mettait sur un piédestal et vouait une reconnaissance sincère à ce peuple. ce n'est pas Nietzsche, loin de là, qui a décidé qu'il fallait les rayer de la carte. c'est tout le contraire même. il aurait décidé du contraire de Hitler; éliminer les plus faibles, donc les non-juifs. mais Nietzsche n'ayant pas du tout les même volontés d'Hitler point de vue politico/militaire, voire même aucune volonté de vouloir faire appliquer une quelconque loi aussi répressive que d'éliminer un peuple au profit de l'autre (ou des autres), il aurait jamais appuyer des gestes aussi antisémite voire raciste. finalement Nietzsche les a pointé du doigt pour leur « intelligence supérieur», comme lui-même l'a écrit. voici quelques extraits de ses écritures portant sur le sujet. from his wikipedia.

«Et c’est pourquoi nous autres, les artistes, entre les spectateurs et les philosophes, nous avons pour les juifs — de la reconnaissance.»

«Ils [les Juifs] n'ont jamais cessé eux-mêmes de se croire appelés aux plus grandes choses et les vertus de tous ceux qui souffrent n'ont pas cessé de les parer. La façon dont ils honorent leurs pères et leurs enfants, la raison qui préside à leurs mariages et à leurs mœurs conjugales les distinguent parmi tous les Européens.»

«[…] En passant : tout le problème des Juifs n’existe que dans les limites des États nationaux, en ce sens que là leur activité et leur intelligence supérieure, le capital d’esprit et de volonté qu’ils ont longuement amassé de génération en génération à l’école du malheur, doit arriver à prédominer généralement dans une mesure qui éveille l’envie et la haine, si bien que dans presque toutes les nations d’à présent — et cela d’autant plus qu’elles se donne plus des airs de nationalisme —se propage cette impertinence de la presse qui consiste à mener les Juifs à l’abattoir comme les boucs émissaires de tous les maux possibles publics et privés. Dés qu’il n’est plus question de conserver des nations, mais de produire et d’élever une race mêlée d’Européens aussi forte que possible, le Juif est un ingrédient aussi utile et aussi désirable que n’importe quel autre vestige national. Toute nation, tout homme a des traits déplaisants, même dangereux : c’est barbarie de vouloir que le juif fasse exception. Il se peut même que ces traits présentent chez lui un degré particulier de danger et d’horreur ; peut-être le jeune boursicoteur juif est-il en somme l’invention la plus répugnante du genre humain. Malgré tout, je voudrais savoir jusqu’où, dans une récapitulation générale, il ne faudra pas pousser l’indulgence envers un peuple qui, non sans notre faute à tous, a parmi tous les peuples eu l’histoire la plus pénible, et à qui l’on doit l’homme le plus noble (le Christ), le sage le plus intègre (Spinoza), le livre le plus puissant et la loi morale la plus affluente du monde. En outre : aux temps les plus sombres du Moyen Age, quand le rideau des nuages asiatiques pesait lourdement sur l’Europe, ce furent des libres penseurs, des savants, des médecins juifs qui maintinrent le drapeau des lumières et de l’indépendance d’esprit sous la contrainte personnelle la plus dure, et qui défendirent l’Europe contre l’Asie ; c’est à leurs efforts que nous devons en grande partie qu’une explication du monde plus naturelle, plus raisonnable, et en tout cas affranchie du mythe, ait enfin pu ressaisir la victoire, et que la chaîne de la civilisation, qui nous rattache maintenant aux lumières de l’Antiquité gréco-romaine, soit restée ininterrompue. Si le christianisme a tout fait pour orientaliser l’Occident, c’est le judaïsme qui a surtout contribué à l’occidentaliser de nouveau : ce qui revient, en un certain sens, à faire de la mission et de l’histoire de l’Europe une continuation de l’histoire grecque.»

«Depuis que Wagner était en Allemagne il s’abaissait peu à peu à tout ce que je méprise – et même à l’antisémitisme.»

«Je ne puis les souffrir non plus, ces nouveaux spéculateurs en idéalisme, ces antisémites qui aujourd'hui se font l'œil chrétien, aryen et bonhomme et par un abus exaspérant du truc d'agitateur le plus banal, je veux dire la pose morale, cherchent à soulever l'élément "bête à cornes" d'un peuple.»

«L'antisémitisme est l'une « des aberrations les plus maladives de l’auto-contemplation hébétée et fort peu justifiée du Reich allemand.»

«Il y a quelque temps, un certain Theodor Fritsch de Leipzig m’a écrit. En Allemagne, il n’existe pas d’engeance plus impudente et crétine que ces antisémites.»

à lire ces quotes, on voit clairement que oui il pointe et vise les juifs, mais c'est aucunement dans le but de les descendre ou de les traiter salement. au contraire, il les mets même au-dessus des autres peuple. et pour ce qui est de l'antisémitisme, je vais dire comme le wiki le souligne lui-même, il est un «anti-antisémite». je ne peux maintenant concevoir après avoir lu un tantinet sur le sujet, que c'est totalement un préjugé. et quand ça vient d'un bachelier en philosophie, s'il vous plait, ça l'en dit quand même assez long sur la personne elle-même. (ai-je parlé de borné?)

Nietzsche me fascine et n'ayant lu que Par-delà bien et mal lors des mes années collégiennes et quelques articles ici et là traînant sur l'internet, je sais que je ne fais que commencer mon histoire avec lui. j'ai bien l'intention de me clancher une couple d'autres livres et assurément une couple de futures post dans cette espace virtuelle.

quelques liens intéressant sur Nietzsche :

wikipedia.fr
hypernietzsche.org - références, études, compilation d'écrits
webnietzsche.fr - plusieurs textes
à l'agora.qc.ca - bio
philoforum.fr - échange sur le philosophe

1 commentaire:

Mistral a dit...

Old Friedrich, c'est pas compliqué, parlait du Surhomme (Der Übermensch)comme d'un idéal pour l'homme à atteindre en se surpassant lui-même, pas en exterminant les faibles. Vrai, les salauds chemisés bruns (what else? Pink? Red?Green, for God's sake?)ont détourné l'esprit d'Also spracht Zarathoustra, mais fallait-il espérer d'un petit caporal avorton et végétarien qu'il pénètre les arcanes d'un philosophe full de hasch?

« Le Surhomme de Nietzsche est un dieu épicurien ramené sur terre. Il ne doit pas se soucier des hommes, ni les gouverner : sa seule tâche est la transfiguration de l'existence. » (Richard Roos)